YAKAYALE

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11-Oct-2011 - Ca y est on a trouvé...Notre futur patelin...


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6-Oct-2011 - Ponton...


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6-Oct-2011 - Chez nous provisoire...


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6-Oct-2011 - Le cocotier ça énerve...


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6-Oct-2011 - Grillade du soir...


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6-Oct-2011 - Barques en couleurs...


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6-Oct-2011 - Pêche...


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6-Oct-2011 - Un matin comme ça...


 

Bon. Changement de décor. On a viré nos guêtres de la pouponnière à moustiques, plein le cul de la boîte à sardines sans lumière sans air blindée de chats en furie. Pimousse Framboise et moi, on a largué les amarres. On a rafistolé nos cartons, balancé nos affaires en vrac comme ça venait, tac tac, exit les fignolades, j’ai fait comme Yannis, j’ai tout tassé à l’arrache en griffonnant « Divers » au petit bonheur et good bye tayaut, ciao la compagnie.

 

Notre plan « bicoque pieds dans l’eau » a foiré. Tombé à l’eau, hon hon. Pas plus mal, dans le fond. La proprio était complètement azimutée. Portrait : habite à deux mètres de chez toi, encadrée par deux molosses grands comme des poneys, a traité son locataire de merdeux à ma première visite, de singe à la seconde, de « va-fumer-tes-joints-ailleurs-ptit-con » à la troisième, lui a pété l’arcade trois jours plus tard.  Profils des locataires : gentils babas cool inoffensifs qui aiment la nature, la guitare sèche et les pizzas. Autant dire qu’on aurait pas fait long feu.

 

Bon. On s’est pas énervés. Ici si tu crois que les trucs se font comme ça du premier coup tintin t’es mal barré : patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage. Haha. Lafontaine. Jean. Bref. On a emménagé provisoirement chez la voisine à un jet de pierre de la baraque maudite, un petit paradis. Matin et soir on est posés sur notre terrasse comme des châtelains, le jardin descend en pente douce vers la mer et un petit pont de bois, on mate les poissons qui sautillent à la surface et les barques de pêcheurs de toutes les couleurs.

 

Ce matin on était debout vers six heures. Yannis a enfilé son T-Shirt pingouin  sur un short rouge de pin-up, il est parti acheter des chocolatines pendant que je préparais un jus framboise/figue-pomme. Les figues-pommes c’est ni des figues ni des pommes, c’est des bananes locales. Petites et ventrues. Y en a plein de sortes, les noms font marrer : « Rhabillez-vous jeune homme », « Passe encore », « Dieu m’en garde »…très créatif. Evitez quand même de les manger tranquilles tout nus sur la plage : l’Antillais est mutin mais pas branché couilles au vent.

 

Petit-dej. Miel et confiture de goyave. Yannis a descendu pieds nus les marches qui le séparaient du ponton, sa canne à la main  (à pêche, la canne, il est pas encore gâteux). Ce matin il commence plus tard. Il a journée d’accueil des nouveaux arrivants dans un hôtel du coin. Il est arrivé y a six mois. Bref. Comment ça va se passer ? J’ai un sourire en coin en y pensant. Certains ont débarqué en même temps que lui et le sourire conquérant des premières semaines cède progressivement la place à un rictus de naufragé. Leur container a sombré, coups de fil partout personne sait où il est, au boulot c’est la crise, ils gèrent les urgences comme au ball-trap sous l’œil placide d’un binôme qui bâille aux corneilles en se curant les chicots, ils-partent-il-fait-nuit-ils-rentrent-il-fait-nuit, la mer turquoise ils en profitent sur fond d’écran, leur caisse les a lâchés pour la huitième fois en dix jours, la raquette carbo-moustiques aussi, totale panique faut en racheter une même si à ce petit jeu t’as de quoi fournir le Roland Garros sur trois générations, ils rentrent les bras ballants en taxi co et se servent un rhum au cubi pendant que leur femme se fait ragasser sous leur nez par les déménageurs, ils tiquent un peu les autres roucoulent rien à carrer pas de complexes, ils leur péteraient bien la gueule à ces connards mais ils sont taillés comme des buffles, alors ils soupirent et vont déballer les cartons, pour la quatrième fois du trimestre. L’image du container glougloutant sous les eaux leur semble progressivement plaisante, les connexions s’enchaînent, ils rient tout seuls d’un air inquiétant.

 

Bon nous évidemment c’est pas pareil.  On a chopé vite fait la bonne, la seule attitude tenable : laisser pisser en se bidonnant. Ca fait : Yannis démarre le boulot dans trois heures. Il descend pieds nus les marches qui le séparent du ponton, sa canne à la main. Il aperçoit un pote accroupi sur sa barque qui pêche des barracudas dans le matin rose. Il l’appelle : « Alex ? Qu’est-ce tu fous là ? Tu viens me piquer mes poissons ?!? ». L’autre se marre. Ils lancent leur ligne en s’envoyant des petites vannes, Yannis sur son pont, Alex sur son bateau. Je descends à mon tour avec ma tasse de café, goguenarde. J’observe un moment leur manège avant de remarquer qu’ils ont pas le même truc au bout du fil. Je le dis à Yannis (j’essaye de comprendre pourquoi on a pas attrapé la queue d’une sardine en trois semaines). Je jette un œil sceptique au petit machin en plastique qui pendouille de sa ligne (de mon temps c’était des vermisseaux, on prenait pas les poissons pour des cons) et je confirme : Alex pêche pas avec ça. Il me répond : si, on a le même machin, c’est juste que le sien est plus gros. Fatal. On rigole. J’essaye de lancer à mon tour. J’ai jamais fait ça de ma vie, bon, j’attrape la canne et je lance. Il se passe rien. Je regarde le bout, interloquée : le fil a pas décanillé d’un pouce. Alex et Yannis se foutent de ma gueule : faut l’écarter avec le doigt et bidouiller une espèce de clapet. Ah…Je recommence, le fil s’étire dans un minable saut de puce, je machine sans conviction le tourniquet avec Yannis qui me stresse pour que j’active, et je ramène…un bout de vase. Dépitée, je lui rends son truc et repars me servir un café.   

 

Alex sonne un quart d’heure plus tard, un poisson à la main. Il me l’offre, il respire encore entre mes doigts. Quand je réalise qu’il est pas mort, je panique en silence, tourne en rond comme une gourde en sachant plus quoi en foutre, caresse l’idée d’aller le remettre à l’eau vite fait en douce, jette des coups d’œil un peu partout, jusqu’à ce que Yannis me chope et  fourre fermement la bestiole au frigo.

 

Tournée de jus de framboise. On se raconte des histoires. Le père d’Alex était pêcheur. Un grand bonhomme, connu comme le loup blanc, joyeux viveur amateur de bonne chaire et de frégates rôties. Un jour il part en mer : trois hommes dans un bateau, une barque à moteur. Le bateau coule, je sais plus pourquoi. Pas un clampin à l’horizon, rien à faire, pas moyen d’appeler qui que ce soit. Les hommes barbotent façon civet depuis presque trois heures. Ils avaient dans leur barque une caisse étanche dans laquelle ils avaient stocké du pain. La caisse s’ouvre, le pain s’éparpille. Un groupe de frégates le repère et pique du bec pour en chiper des morceaux. Les oiseaux tourbillonnent, enchainent les va-et-vient entre ciel et mer. C’est beau, une frégate. Grandes ailes noires effilées comme des estampes japonaises, 2 mètres 40 d’envergure. On les voit de loin. Des pêcheurs les aperçoivent et mettent le cap vers l’escadron, pensant toucher le pactole question poisson. Ils ont trouvé trois hommes et du pain. A compter de ce jour, le père n’a plus jamais mangé de frégates. Il est mort en 2009, à 82 ans. Le jour de l’enterrement, une quarantaine d’oiseaux noirs planaient au-dessus de sa maison.

 

Et Babouche dans tout ça ?!? Tiens, quand on parle du loup…son Jules vient de passer. De Dieu…Il a des valseuses gonflées comme des œufs de caille… On a donné les petits. Un crève-cœur, j’ai chialé comme un veau. Notre amie peintre, là, celle qui habite tout en haut d’un morne en pleine forêt, c’est elle qui les a pris. Les trois. Quand je les ai attrapés l’un après l’autre pour les emmener dans un panier, remplis de sommeil sur les tétines de leur mère, j’ai vu défiler en trombe Hanzel et Gretel, Blanche Neige, le Petit Poucet, la marâtre, le bucheron, la sorcière, et Edgar dans les Aristochats. Je me suis dit que plus jamais je pourrais regarder Babouche en face. Quand on est arrivés chez Véro, que je lui ai tendu un paquet de croquettes en réprimant un sanglot et qu’elle m’a répondu d’un ton léger qu’elle était pas du style à acheter ce genre de conneries, qu’elle était végétarienne et songeait sérieusement à arrêter le poisson, j’ai été anéantie. Mes tout petits… Nourris aux petits-suisses et au thon… On est rentrés tête basse et le moral dans les chaussettes. Babouche a braillé pour qu’on lui file ses Purina et euh…ça a été à peu près tout.

 

Après on a déménagé. On a vite senti qu’elle adorait son nouveau spot autant que nous. Surtout le transat face à la mer. Et puis un jour elle a disparu. On l’a pas vue l’après-midi, ni le soir, ni le lendemain. Je me tordais les mains et même Yannis était pas fier. Soudain, coup de fil. Voix de poissonnière, coins-coins survoltés. Mawtine, notre ancienne proprio. Babouche est retournée à l’appart -ce bouge- et elle s’envoie en l’air depuis la veille avec rouquin crétin et œuf de caille. Je suis ravie, Mawtine moins. Le voisin a pas fermé l’œil de la nuit, déjà qu’il a la tête en vrac avec son décollement de la rétine et son coton sur l’œil qu’on dirait Capitaine Crochet, là c’est la goutte d’eau. Y a des traces de dérapages frénétiques plein son mur,  ils ont chié dans ses fleurs et ruiné son canapé. Je rembarque ma louloute avec mille courbettes, susurrant mi-tendre mi sévère que c’est pas des manières. Je la câline, la nourris, lui fait gober une Félipil : elle roupille un peu, puis se fait la malle aussi sec. Rebelote. Mawtine s’égosille, je retrouve la belle affalée dans les herbes folles avec ses deux Jules, languide et vaseuse. Mawtine a appelé à 8h20, 11H10, 11h12, 13h15, 14H50, 16h16, 17h28, 17h32. J’ai lâché l’affaire à 16h16 après une deuxième Félipil : Marie-Madeleine s’est taillée dès que son maître a passé la porte. Depuis, plus de nouvelles… On laisse pisser et on se marre…mais pas trop quand même…

 

Yannis est rentré, plus tard que prévu. Je l’entends ronfler sous sa moustiquaire pleine de trous. Il est dans une position très chic. Bouche ouverte, cuisses écartées, coudes en canard. Visiblement, ils ont fêté leur arrivée à la locale…Il se réveille. Info de dernière minute, Babouche est de retour, toujours au taquet… Hop hop, croquettes et s'en va…C’était une matinée comme ça…

 

Vous embrasse fort,

 

M

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24-Aug-2011 - Face au grand flop du culturel... on ramasse nos billes et on enchaîne...


 

Bonda mama’ou !!! (littéralement, ça veut dire « le cul de ta mère » : z’aurez noté, j’ai fait gavé de progrès en créole. Pas toujours facile à placer (faut le sortir bien comme il faut, les yeux exorbités, avec un grand coup de poing sur la table) mais quand tu y arrives, ça pose son bonhomme, et tu passes illico de touriste-sang-de-navet à guerrier local. Bonda mama’ou, donc… Ca fait déjà plus d’un mois que j’ai rien écrit…

 

Après le spectaculaire succès de « 7 jours de vie d’une Musa Coccinea » (z’êtes vaches, les mecs, z’auriez pu faire un effort, merde…Il y a mis tout son cœur, à faire ces photos, guettant secrètement les commentaires hallucinés dont pas la queue d’un s’est pointé)… Le concept, c’était qu’elle pousse méchamment vite, cette plante. Au début c’était juste une feuille qu’on a trouvée par terre, et maintenant c’est un big truc de trois mètres avec un tronc gros comme mon bras. La proprio va gueuler : on lui a planté ça dans son bac à fleurs (qu’était quand même un beau merdier, Martine, soit dit en passant… rempli de cailloux, de baskets défoncées, de saloperies en plastique et de merdes de chat), ça va lui défoncer sa baraque. D’autant qu’on a mis trois ou quatre arbres fruitiers, à côté - 1,50m, en moyenne - ce qui fait peut-être un chuya chargé pour une petite jardinière…

 

Remarquez c’est pas rapport à mon fluide que ça pousse. Le seul truc que j’ai essayé de planter, c’est une bouture de menthe brisée (on en met dans les infusions, une petite merveille) que m’a filée un mec. Il a cueilli une branche comme ça au pif, m’a dit « tu la fais tremper dans un verre d’eau et puis tu plantes ». Sauf que ce gros malin m’a pas précisé qu’il fallait attendre que ça fasse des racines…Alors moi, j’ai mis le truc dans un verre, j’ai attendu le lendemain, et puis comme ça avait déjà l’air un peu fané, j’ai planté ça fissa. Je me suis pas fait chier, en même temps… J’ai pris le machin, je l’ai enfoncé tout droit là où y avait de la place, entre l’avocatier et les trois corossoliers, comme ça tenait pas ça se cassait la gueule j’ai enlevé, j’ai fait un petit trou avec mon doigt, j’ai remis, j’ai calé en bourrant bien…et ça a gentiment fini de crever en quelques heures… Ca m’a rappelé quand j’étais petite et que j’avais enterré un bâton de sucette. Résultat : grande tarte dans la gueule et crash des idéaux, qui, combinés à l’absence consternante d’élément terre dans mon thème astral, explique un rapport douloureux, pathologique, au jardinage en général. Bref : on peut pas tout avoir dans la vie, faut en laisser pour les autres.

 

Ce matin, j’étais réveillée à cinq heures et demie. Je roupillais tranquillou quand quelqu’un m’a doucement effleuré le visage avec une feuille de palmier. J’ai ouvert les yeux, et le splendide éphèbe qui m’éventait deux secondes plus tôt s’est fait la malle pour me laisser nez à truffe avec un chaton. Pour ceux qui auraient pas suivi les épisodes précédents, on dort sous cloche, ici, claquemurés dans une vilaine moustiquaire Igloo aux armatures rose bonbon. Estimant vraisemblablement que la nuit avait assez duré, Babouche (qui, comme chacun sait, a mis au monde trois ravissants petits anges aux alentours du 14 juillet), a envoyé ses troupes à l’abordage pour secouer ses larbins. Un des petits a réussi à atteindre le sommet du dôme, qui a flanché sous son poids, et je me le suis retrouvé sur le coin de la gueule. Simultanément, un deuxième embusqué nous prenait à revers, scratché sur le flanc ouest, encouragé à grands miaous sonores par sa diabolique marâtre. Dans ma grande pédagogie, attachée à bien montrer qui est le maître avec intransigeance et fermeté, je me suis mise à glousser d’un air ravi en poussant Yannis du coude : ça l’a pas fait rire plus que ça, l’opération commando, il s’est juste retourné en ronchonnant d’un air mauvais…

 

Faut dire que depuis quelques temps on collectionne les réveils en fanfare. Dimanche dernier, six heures du mat’,  on a bondi, hagards et terrifiés, au son de « Debout les Zouzous »…ben ouais, c’est à cause des courses poursuites, ils piétinent la télécommande, et…euh…mais ils sont vachement forts, quand même, parce que non, c’est vrai, ç’aurait pu être Télématin, Thé ou Café, ou la guerre en Irak (c’est fini ou bien? J’ai été suffoquée d’apprendre récemment que Tripoli n’était pas une charmante bourgade d’Italie…), mais « Debout les Zouzous », un truc exprès pour les gosses, c’est…hum…c’est des génies ou quoi ??? Ah, et puis aussi : je sais pas comment ils font, mais ils nous affichent la Bourse en direct sur l’ordi. Y a une fenêtre ouverte (qu’on sait pas d’où elle sort ni comment la virer), avec un fond noir, et les indices du CAC 40, Euro STOXX et Dow Jones en rouge ou en vert, ça dépend des jours. Là au moment où j’écris, le CAC  est à + 43 et des brouettes, le Dow Jones à – 7,34. Allez pas dire que je mitonne : l’Euro STOXX, ça s’invente pas, je sais même pas c’est quoi…

 

Voilà, donc. Sinon dans la catégorie des scoops, de ceux qui passionnent, alimentent le fantasme et la magie autour de ce trépidant périple aux Antilles mené tambour battant par deux aventuriers hors classe, j’ai le pif comme une patate, on dirait un groin. Il est, je dois dire, déjà d’une taille appréciable en temps normal, mais là, j’ai chopé un bouton de fièvre dessus, et il a doublé de volume. C’est rouge, gonflé, luisant, ça fait mal. Yannis a fait de son mieux pour m’embrasser avec un regard transi d’amour ce matin, mais j’ai bien vu que le cœur y était pas trop. Si vous avez des goûters d’anniversaire à animer, une foire aux bestiaux, ou si vous êtes fan de Rantanplan, passez un coup de bigo, je suis la femme qu'il vous faut.

 

On déménage fin septembre. Je dis pas ça pour que vous vous précipitiez sur vos stylos pour noter notre nouvelle adresse, vu que personne nous écrit en dehors de Carrefour et de Paru Vendu, c’est juste histoire de causer. Mais quand même, un petit colis de saucisses serait le bienvenu. Dingue comme ça manque ici les saucisses, j’aurais pas cru. Mais c’est que comme il fait beau tout le temps et qu’on a la plage à 10 mètres, on a souvent envie de barbucks. Sauf qu’ici question tradition bouchère c’est la misère : sans vouloir vexer personne, à ce compte là, autant fourrer des capotes avec du saindoux… Donc, si par le plus grand des hasards, et sans bien sûr citer nommément qui que ce soit, quelqu’un trouvait le moyen de nous faire passer quelques kilos de merguez sous le manteau (tentez une embuscade à Charles de Gaulle, quoi, je sais pas !!!), on le coucherait aussi sec sur notre testament (pactole),  en buvant un coup à sa santé.

 

Question boulot j’avance. J’en suis à « votre candidature a été acceptée. On vous appelle dans deux jours pour fixer les conditions ». C’était il y a une semaine. J’ai donc virtuellement un job, de formatrice a priori, mais qui je forme, quand, pourquoi, sur quoi et pour combien : mystère et boule de gomme. Avec le cul que j’ai ils vont me coller un rancard pile poil quand j’ai mon pif en boule de billard, ça va les faire flipper, va falloir tout reprendre à zéro. Mais bon : ça sert à rien de s’énerver, c’est un truc que j’ai bien compris, y a pas le feu aux oursins, et Time will tell.

 

Je vous embrasse bien fort, les agneaux.

 

 

 

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6-Aug-2011 - Queqlues jours de la vie de Musa Coccinea

Salut à tous.

Voici quelques photos, prises chaque jour pendant une semaine, dans notre cuisine à l'air libre.

Ca pousse!!

Jour n°1

Jour n°2

jour n°3

Jour n°4

Jour n°5

Jour n°6

Jour n°7

Jour n°8

 

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2-Aug-2011 - la météo du jour


Pas de boulot aujourd'hui. C'est la tempête ici. des orages incroyables et un réveil ce matin avec l'eau qui montait dans la cuisine...

le bulletin de météofrance à 7h30 :

Le temps pour les prochaines heures sur la Martinique

L'animation radar est réactualisée toutes les 15 mn, l'animation satellite est réactualisée toutes les heures et le bulletin de prévision au moins toutes les 3 heures en journée.
 

Météo France Martinique, bonjour.

A 07h30, notre département est en vigilance rouge  pour "Fortes pluies orageuses  et inondations" .

Les cumuls de pluies observés cette nuit vont 70 à 80mm et localement 100mm.

Dans les prochaines heures, les cumuls de  pluies  de l'ordre 50 à 100mm sont  attendues sur notre île

La prudence reste de mise.

Prochain bulletin à 11h30.

Bon, ben on va se faire une journée tranquille en tricottant en écoutant l'orage  et la pluie tomber!

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19-Jul-2011 - Blog blog blog

Bon. Ca commence à faire une paye que le silence s’épaissit…Je rouvre avec une crainte coupable les pages de Yakayale qui s’étiolent et grincent, traversées d’une bise désertique et mortifère…Une boîte de conserve roule sur le sol, rongée de sel et de solitude. Les toiles d’araignées accrochent des barbes dans tous les coins, j’en ai plein les cheveux, on dirait une dingue.

 

Je jette un œil perplexe à mon dernier article, tribut lamentable au grand Bob, et ce qui m’apparaissait comme une réjouissante trouvaille sur le moment, « Natural Moustique yeah… »  me flanque aujourd’hui le dos rond : je m’assois au milieu de mon champ de ruines et je pleure. Un connard sifflote un truc lancinant derrière moi, Ennio Morricone, peut-être bien, et soudain les digues se rompent : je beugle à m’en péter les boyaux dans mon mouchoir confit de larmes, essuie tant bien que mal les derniers reliefs de morve qui marbrent mon visage bouffi, et relève vaillamment le menton. Mes yeux s’animent d’une charge incandescente, une détermination sourde reprend le dessus : Mango is back, les mecs, for the best and the pire.

 

Voilà. Ma dernière bouteille à la mer remonte au oye…10 mai, quand même, et alors depuis, vous vous en doutez, on a traversé un million de trucs. On a passé la seconde, voire la cinquième, et dans un premier temps, je vais avoir du mal à endiguer le flot. Je note d’ailleurs au passage que Yannis, qui me pousse au cul depuis des semaines pour que je rétablisse le contact, est honteusement vautré devant le Tour de France, se contentant, question participation, de m’adresser quelques saluts mollassons depuis le canapé, captivé par des guignols en maillots Carrefour qui se gaufrent dans des barbelés et pissent dans leur short pour pas se laisser distancer dans les côtes.

 

Faut croire que le vélo c’est plus marrant quand c’est les autres qui pédalent : le sien a pas bougé d’un pouce depuis l’anecdotique matin où il l’a enfourché. C’était quelque chose, de le voir partir : moulé au nanomètre dans une petite combinaison d’haltérophile, la fesse provocante et rebondie, les yeux étincelants sous son casque flambant neuf, gourde au poing, grolles de compèt achetées à un tarif d’autant plus consternant qu’elles servent à rien sans les pédales, à part peut-être pour les claquettes et le flamenco…bref, quand je l’ai accompagné jusqu’à la porte, je rayonnais comme une Mère Pigeon au premier vol de ses petits. Il est rentré une heure et demie plus tard, rouge brique et ahanant comme un bœuf, trempé pareil que si on lui avait bazardé une poubelle de flotte en pleine poire. Il a pioncé gueule ouverte et bras en croix tout le reste de la journée, et depuis, le dossier « bécane » a rejoint la pile des résolutions taboues comme « faire des abdos », « passer chez le dentiste », « aller nager avant le boulot », ou « s’investir dans le blog ».

 

Mais je m’égare. Faute de pouvoir tout vous livrer aujourd’hui, je vais poser quelques jalons. Je vous dois toujours un article sur la bagnole : ça a l’air con, mais tout s’est emballé à partir de là. C’est LA clef de voûte d’un gigantesque merdier qui a déployé ses tentacules sur plusieurs semaines, et a bien failli avoir ma peau : il s’en est fallu d’un chuya que le dossier Antilles soit bouclé avec quelques années d’avance sur le programme. Eh oui : vous vous pensiez qu’on s’éclatait comme des malades, sauf que en vrai c’était le chaos total. Nan parce que je manque pas d’humour, mais passé un certain stade, je grince des dents comme tout le monde : pire, je suis même remarquablement douée pour vous coller le moral à zéro… Au début c’était juste moi qui déconnais : je bataillais avec les boutons et je pensais vous bricoler un topo fendard sur les mille et une façons de  massacrer une caisse en quinze jours. J’avais commencé, me tapant même le luxe d’en rajouter, de gonfler la sauce histoire de rigoler un peu...

 

Présomptueuse  innocence… La réalité dépasse de loin la fiction. Elle la marave complet, je dirais, « fingers in the nose »… Au début, quand on raconte, les gens opinent gravement du bonnet, affichant la face de carême pétrie de compassion qui sied à l’annonce d’un coup dur. On continue notre histoire et on sent bien que les mecs commencent à batailler pour garder leur sérieux : ils se balancent mollement d’un pied sur l’autre et se mordillent la lèvre inférieure en se jetant des regards en coin. Ils hallucinent quoi, une maffre pareille, ça existe même pas dans les films. Au bout d’un moment, plus personne fait semblant, c’est trop, ça dépasse tout : perdant tout contrôle, les mieux intentionnés nous gloussent purement et simplement à la ganache, pour un peu ils en chialeraient, les saligauds, tellement on les collectionne. Bref : la grande question, du coup, c’est de savoir comment je vais raconter tout ça. Improbable. Et tellement long que je sais pas comment m’en dépatouiller : je vous la fais en chapitres ? En tomes ?!?  

 

Sinon dans la série des trucs importants, Babouche a accouché. Je sais, on dit « mettre bas », mais la nôtre, c’est pas pareil, elle est mystique. Et puis c’est quoi ces conneries ?!? Les animaux sont pas des sauvages, hein, c’est de la propagande, ça ! Eux aussi, ils ont des sentiments, plus que plein de connards de chez nous. Vous verriez comment elle s’en occupe, vous diriez « accoucher », y a pas à tortiller, fin de la discussion. Bref. Dans notre dernier épisode, vous vous en souvenez peut-être, notre douce églantine virait cocotte lubrique au point de nous faire raser les murs.  Bonnes poires, on avait fini par laisser faire, pensant naïvement que l’affaire serait pliée en moins de deux. Que nenni : ça a la libido coriace, les matous. Dix jours, ça a duré. Pas gênés pour un sou, ils bombardaient joyeusement les murs de pisse et s’envoyaient en l’air à couilles rabattues pendant qu’on beurrait nos tartines, juste sous notre nez. Ajoutez à ça les barrissements de bête en rut dès potron-minet, on a fini au bout du rouleau… Un jour j’interviewais un mec au téléphone, j’en ai glapi de trouille : un chat gris, le tout pourri là, avec la fourrure en lambeaux, t’a attrapé ma pauvre petite toutoune en loucedé, comme un cow-boy de cambrouse, elle a poussé un hurlement à réveiller les morts… J’ai mis une heure à la calmer, la malheureuse, elle flageolait comme un Flamby sur ses petites pattes…Saloperie d’enfoiré…

 

Bref : ça a fini par marcher, en tout cas.  On attendait avec impatience les couleurs, comptant logiquement avoir quelques rouquins dans le tas, mais alors de ce côté-là, peau de balle. Cent tentatives, pas une dans l’axe : c’était vraiment le perdreau de l’année, ce mec. Au total, donc, y a trois petits : deux Babouche miniatures, tout tigrés, et un noir qu’on se demande d’où il sort. Yannis dit  que c’est génétique, rapport aux ancêtres, et que ça veut pas forcément dire que le père est noir aussi. C’est le scientifique du groupe, hein, je vais pas pinailler. Je saurais juste m’en souvenir si un jour on a une couille à la maternité… Hahaha hum… Bon. Pas drôle, ça, pas drôle du tout…

 

Donc : on se laisse encore un peu de temps pour les baptêmes définitifs, mais a priori, on est partis pour Chamane, Chapiteau et…Crevette. Crevette oui…qu’est-ce que vous voulez que je vous dise : ça lui fait plaisir… Autant vous dire que quand ils sont nés, c’était la grande émotion, ici… On avait pas vu Babouche depuis la veille et quand Yannis a glissé une main sous le lit pour voir si elle y était planquée, il a senti une petite tête bouger sous ses doigts. Il a débarqué dans la cuisine les yeux pleins de larmes, et alors : euphorie totale. Après avoir appelé la moitié de notre répertoire en bredouillant d’excitation, on a foncé au troquet d’en face avec une bouteille de Champagne (merci Carole et Vincent !) en hurlant à qui voulait l’entendre – et même à qui s’en foutait - qu’on était papi et mamie : on est passé pour des cons mais on en avait rien à scier, on était heureux.

 

Voilà. On est donc six, maintenant, à la maison. La Vie en finira jamais de m’étonner. On a fait des petits films, mais j’arrive pas à les mettre. Je verrai ça un peu plus tard. On compte sur vous pour  envoyer des cadeaux : arbres à chats, souris mécaniques, abonnements chez Purina One, DVD Tom et Jerry, bouchons en liège, pour les radins…On vous embrasse fort les beautés et…bonnes vacances  sous la pluie !!!

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10-May-2011 - Tribute to Bob Marley


"There's a Natural Moustique

Blowing through the air

If you listen carefully

Now

You will hear..."

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6-May-2011 - Là c'est chez nous...


Pardon, hein...Vu qu'en général à la maison c'est plus Gypsy Caravane que Marie-Claire Déco, pour l'instant j'ai juste la porte d'entrée... On va s'organiser...
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6-May-2011 - Sophia Loren...


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6-May-2011 -


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6-May-2011 -


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6-May-2011 - La Tribu s'agrandit...


 
 

La première fois que j’ai visité l’endroit où on habite, un petit chat tigré, tout maigre, est venu se frotter contre mes jambes pour me souhaiter la bienvenue. J’ai vu ça comme un signe, on a emménagé dix jours après… On a découvert assez vite que le petit chat était en fait une minoune, tellement maigrelette que ses os lui taillent des accents circonflexes plein le dos.

 

Des chats par ici y en a par poignées. Tous râblés tout pelés tout mités, ça voltige de toits en rues comme des guerriers ninjas. Alors forcément, quand Babouche s’est pointée avec son poil bien soyeux, ses formes de déesse et son pendentif en quartz rose super classe, tout le quartier s’est mis à fantasmer. Les uns, sur ses Purina comme s’il en pleuvait, sa litière agglomérante, et ses gamelles mortelles, les autres, sur les courbes affolantes de sa croupe, son air constipé et ses irrésistibles  pudeurs de vierge candide.

 

Faut dire qu’elle fait sacrément chic, notre louloute…Nous qu’on était vachement fiers de notre Titi parigote qui, malgré ses origines citadines, nous faisait l’effet d’une Diane chasseresse, rechignant pas à s’envoyer des souris ou à niaquer des moineaux comme une vraie brute de cambrouse, on doit bien reconnaître qu’ici, elle fait un peu gourdasse…

 

Tu les vois, tous, effilés comme des lames, agiles comme des macaques, franchir les murs d’un bond façon Yamakasi, prendre la tangente en deux/deux, bouffer à tous les râteliers, sans foi ni loi, rapides comme l’éclair, et puis t’as Bouboule, qui ronfle devant le ventilo avec son bide de nantie,  se hisse péniblement de palier en palier, cherchant ses appuis, pataude et inquiète, pas gracieuse pour un sou, braillant comme une désespérée quand c’est trop haut, plissant la truffe quand ses croquettes sont humides, bref, faisant des manières, et, de fait, diablement séduisante dans son  rôle de bourgeoise exotique.

 

Y a un chat roux un peu crétin qui la suit comme son ombre : tu peux ouvrir une porte à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, ça loupe pas, il est là, vissé comme une enclume, à la couver avec des yeux de merlan frit, à brailler son amour à s’en déchirer les boyaux, trémolos et langue rose, désespoir et désir, dès qu’elle lui tourne le dos il se précipite comme un morfale, bref, avec Yannis, on regarde ça, goguenards et sur le qui-vive, une main sur les Félipil, l’autre sur l’appareil photo, qu’on décanille toujours avec un train de retard (Roméo nous fuit comme la peste, il a pigé qu’on était pas du genre libéral)… Elle fait style que ça la gave, dès qu’on les chope ensemble elle lui envoie un crochet, genre « j’bouffe pas d’ce pain là, connaw », mais à force de les voir toujours fourrés ensemble, on commence à se demander si elle nous prendrait pas un peu pour des truffes, la demoiselle…

 

Bref. En parallèle, j’ai fait amie amie avec la chatoune toute maigre. J’ai bien essayé de la virer, au début, mais quand j’ai senti ses pauvres mamelles toutes gonflées sur son pitoyable ventre vide, j’ai flairé la grossesse et ça m’a brisé le cœur. L’air de rien, j’ai commencé à piquer des croquettes à Babouche et à les lui refiler en douce, et puis un jour, ça a pas loupé, elle s’est radiné avec toute sa famille…

 

Oye, misère… Z’avez vu les photos ? Qu’est-ce que tu veux faire ?!?  Même Yannis, qui se la joue cowboy en béton armé, très Claude Guéant dans le genre « on peut quand même pas accueillir tous les matous de la planète », je l’ai vu sourire dans sa barbe en les voyant rappliquer… Y en a un une fois, il l’avait mis dehors manu militari, ferme, autoritaire, inébranlable, définitif, incorruptible et sans pitié (je crois que c’est tout, question adjectifs). Créatif et couillu, le chaton a cru que c’était un jeu : il a trouvé un itinéraire bis…Y a un hamac, qui pend, accroché au plafond, et il s’est jeté à l’eau, pauvre petiot, il s’est accroché de toute la force de ses minuscules patounes, Tarzan maladroit, avec son bidon rond et ses grands yeux tout tristes, il est resté suspendu un moment avant de se ramasser comme une patate, mais il y est arrivé. On lui a filé des croquettes, elles étaient méritées…

 

Donc : vous aurez compris qu’on est dans la merde intégrale. J’aurais bien acheté un paquet de croquettes géant mais vu qu’il pleut tout le temps, dans ce putain de pays où il est censé faire beau (pas vu ça depuis trente ans, les gens, haha, je suis pliée en quatre…), j’ai peur qu’elles ramollissent et qu’elles me restent sur les bras. C’est délicat, les chats, vous savez ? Quand elles sont molles les croquettes c’est fini, tu peux te gratter : autant leur servir un bol de courgettes vapeur… Tu me diras, quand je vois la gueule de mes biscottes le matin je fais pareil : je les passe au grille-pain, histoire de, mais y a pas à dire, cette vieille pâte molle qui te colle aux chicots, c’est franchement dégueulasse… Enfin on peut quand même pas bouffer tout un paquet de biscottes au déjeuner, bordel de merde !?! C’est pas simple, hein, la Martinique : tout le monde croit que c’est la fête mais en vrai on a tout un tas de problèmes qu’on avait pas avant…

 

Tiens, pendant que j’écris, y a un matou qui se remet à chanter…C’est lequel ? Ah, c’est le gros gris…Il est moche celui-là, il a des trous partout dans sa fourrure, j’espère que Babouche l’enverra chier…On préfère le roux, nous, il est bien gaulé, donc démerdard, faut croire, sous ses airs de mariole : ça nous fera des bons petiots… Avec tout ça, quatre petits plus la chatte, plus Babouche et ses deux Jules : huit chats en tout, même moi, je comprends bien que c’est pas possible… D’autant qu’hier ils m’ont piqué toute ma brioche, ça m’a moyen fait rire. Yannis l’avait laissée sur la table, je l’ai retrouvée en lambeaux… Je leur ai mis le reste dans leur gamelle avec du lait (sinon c’est trop sec)… Ben quoi ? J’allais pas la bouffer, non plus…

 

Voilà, donc, pareil qu’avec les moustiques, si vous avez des suggestions ou que vous savez pas quoi foutre de vos sous, envoyez vos dons, ça doit être déductible des impôts, en se démerdant bien… Je précise quand même qu’on est pas des sauvages et que les solutions radicales que je sens se profiler du fin fonds de vos terroirs NE SERONT PAS LES BIENVENUES. Soyez tendres et inventifs,

 

On vous embrasse fort,

 

Le nazillon au cœur tendre et sa Brigitte.

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28-Apr-2011 - Le Combat des Seiches


 

Salut les minouchets !

 

On vous avait parlé de petites recettes sympathoches à partager entre copains au moment des retrouvailles… Celle-là, on vous prévient tout de suite : LA FAITES PAS, à moins d’avoir envie qu’une après-midi peinarde tourne au péplum et qu’au final, vos potes s’enfilent du rhum et des chips toute la soirée avec moins d’entrain pour votre plat que si vous aviez dépiauté une boîte de Canigou Partners. Bref : on verra ça après, pour l’instant, on répond au courrier des lecteurs…

 

-          Pourquoi la Mayenne est-elle classée entre la Bosnie Herzégovine et l’Afghanistan ?

 

Parce  que j’ai dû chercher comment ça s’écrivait, Herzégovine, voilà pourquoi… J’avais pas envie de me retrouver dans les perles du Bac du coup j’ai focalisé « orthographe » et j’ai déconné sur le classement…T’as vu quand même j’ai alterné, national/international, spéciale dédicaces, tout ça…

 

La Sarthe, j’y ai mis pour faire plaisir à Yannis et ouais, là-bas, y a forcément plus de vaches qu’en Mayenne, vu qu’ils ont Babybel, et pas vous : imparable. Après savoir si elles sont dopées à un truc, les bestioles, y a moyen, sinon elles pondraient pas des boules rouges…Si t’as d’autres quizz agricoles, JM, tu me fais signe, ça me fait plaisir. Tiens…tu t’appelles comme un rhum… j’avais jamais tilté…

 

Bon et puis merci pour ton précieux soutien à la promo du site. Je te vois bien, taper comme un demeuré sur F5 pendant des plombes avec Sylvaine et les gamins pliés en quatre… On se demandait, aussi, comment ça se faisait qu’on avait déjà 4388 visiteurs…

 

-          Est-ce qu’on peut vous envoyer l’original de l’article ?

 

Non, vu que le seul exemplaire qu’on avait, un gros malin a fait cramer une spirale de Timor dessus. (Euh…le gros malin, je crois que c’est moi…)

 

-          Est-ce que je me lâche autant devant un plus large public ? 

 

J’ai parlé de Pernaut comme père spirituel, j’ai pas dit Guy Lux… Donc à la question de savoir si la Martinique entière se bidonne en lisant mes conneries, je réponds non, elle ronfle gentiment et moi aussi, pareil qu’avec Jean-Pierre… Mais bon on s’en fout, hein, ça me fait plein de chouettes rencontres : cette semaine, une conteuse marionnettiste et ventriloque, une nana peintre qui vit tout au sommet d’un morne en pleine pampa tropicale, et bientôt, Mama Africa, vendeuse de pistaches…

 

-          Est-ce qu’on peut vous envoyer des photos de nos pustules ?

 

Ben ça m’a traversée, hier…Je tamponnais délicatement les jambes de Yannis avec une crème périmée (celle qu’on avait achetée quand ma jupe a pris feu pendant un festival et que je me suis soudain retrouvée cul à l’air, écorchée comme un lapin au milieu de la foule), et ça faisait vraiment de la peine, toutes ces billes rouges sur ses cuissots de perce-neige…J’ai pas eu le cœur de prendre des photos : après, vous voudrez plus être son copain…

 

-          Est-ce que Yannis va écrire bientôt sur le blog ?

 

Ouais ouais, il fignole sa vengeance… J’ai essayé de l’encourager pour qu’il nous fasse sa blague du 0 qui rencontre un 8 : il l’adore, c’est sa préférée. Il en rameuté des petites cailles, avec... Bref : l’espace d’un instant, il a eu comme une lueur d’espoir mais il m’a répondu en boudant que tout le monde la connaissait déjà… Alors il cherche… Bientôt en exclu, je sais pas… l’histoire du 1 qui croise un 2…

 

-          C’est quoi le problème avec la bagnole ?

 

Y a pas UN problème mais DES problèmes. J’ai pas voulu m’étendre sur la question pour pas qu’on aille dire que j’étais de mauvaise foi, et aussi parce que ce blog, qui se voulait au départ éducatif et culturel, est en train de tourner à la grosse farce, mais vous inquiétez pas, j’ai bien tout noté, et un de ces quatre, je vais lui faire sa fête, à cette guimbarde de mes deux…

 

……………………………………………………………………………

 

 

Bon : on passe à l’histoire… Pardon à ceux qui auraient trouvé l’intermède un peu longuet, mais si on met pas un peu d’interactivité dans le machin, ça va finir qu’y aura plus personne pour nous lire… Toute la Mayenne nous regarde : faut qu’on s’applique.

 

Alors voilà : c’était une belle après-midi bien tranquille, on avait des seiches au congel et on voulait les faire farcies, comme papa fait quand on est en vacances et que c’est Byzance tous les jours. Attention, les calamars du padre, c’est une institution : une recette de ma grand-mère, héritée de générations de Siciliens charmants mais pas souples, on déconne pas avec ça…

 

Bref, dans la foulée on s’avise qu’il serait temps d’avoir un peu de vie sociale, et on décide d’inviter quelques clampins à dîner. J’ai un doute sur les seiches : un peu casse-gueule, pour une première fois, je sens le râteau se profiler, mais Yannis transpire l’enthousiasme, et je me laisse convaincre…

 

Pendant qu’il tape un petit roupillon, je sors mon cahier, poum-poum, ouais ouais c’est bien ça, préparer une farce avec riz, parmesan, petits pois, poivron, persil, poivre, muscade, rhum, trois-quatre olives noires, deux œufs battus et éventuellement un chuya de câpres ou de cornichons hachés, farcir les bestiaux en glissant quelques rondelles d’œufs durs au milieu, fermer avec des cure-dents, rôtir dans l’huile d’olive et finir la cuisson dans une sauce tomate au vin blanc et aux câpres. Bon : je mets le riz à cuire et pars piquer une tête, la joie au cœur à l’idée de cette formidable séance de cuisine.

 

Quand je rentre, Yannis est réveillé. Je le retrouve embusqué derrière un buisson de légumes qu’il débite à la machette avec une ardeur mystique : ça fouette le céleri dans tout l’appart. Le sang déserte d’un coup mon visage et je lui demande avec un sourire faussement dégagé, un peu tordu, ce que… qu’est-ce qu’il est en train de machiner, quoi… Et là, il me dit comme ça qu’il prépare une « julienne de légumes pays » pour farcir les seiches. Les légumes pays c’est une énorme botte de tout ce qui casse la baraque niveau popularité : épinards sauvages (épinards amers, quoi), navet, céleri, chou… Je balbutie mollement que c’est pas vraiment la recette, il riposte, me balançant qu’on est pas censés être des intégristes du calamar, et je m’esquive prendre une douche, troublée, pour réfléchir tranquille à l’ampleur du massacre.

 

Passée la stupeur, je sens l’indignation monter au fur et à mesure que je vide le ballon d’eau chaude. Il sera pas dit que je laisserai piétiner à pieds joints l’honneur des ancêtres. Je regagne donc la course décidée à jouer tout en finesse et en diplomatie.  J’y dis que la prochaine fois qu’on invite des gens qu’on connaît pas, il aura qu’à leur servir des beignets de cervelle et de la raie aux câpres ou non, tiens, des brochettes de poumon, tant qu’à faire, saucissonnées de boyaux de chèvre, qu’en tous cas il faudra pas compter sur Bibi pour financer les chips.

 

Il me dit que je suis mauvaise, menace de tout flanquer à la poubelle, c’est quand même à se les mordre, que je lui fasse pas un peu confiance, et je peux toujours me gratter avant de le revoir aux fourneaux. Je glisse perfidement que c’est pas si souvent…Il annonce que la fête est finie, et qu’à partir de maintenant ce sera biscottes et saucisses cocktail. Il ose ajouter que si j’avais fait le coup à mon père, de lui démolir tout son beau plat avec mes critiques minables, il se serait étouffé de rage dans sa cuisine, le brave homme, ce qui est, vous l’avouerez, un peu gonflé, vu qu’il lui a complètement pourri sa recette… et que jamais de la vie, papa aurait mis du céleri aux épinards dans les seiches.

 

Bon : toujours est-il que nos invités déboulent dans une heure et qu’on a toujours rien à bouffer. Yannis fait grève sous sa couette, de mon côté je file acheter du pinard et voir si je peux pas soudoyer la mamie d’en face pour qu’elle nous mijote quelques accras vite fait. Elle en a plus, c’est bien ma veine, du coup je rentre, réassaisonne la mixture, planque la misère sous une flopée d’épices, et m’apprête à enchaîner, quand je m’aperçois que les seiches ont été fendues d’un bout à l’autre et qu’à moins d’y faire un ourlet, faudrait être bien malin pour les farcir.

 

Mais…comme Yannis est toujours plus malin que tout le monde, on essaye quand même… Bon : je décris pas la misère de cette bouse verte qui fuit lamentablement par tous les trous de ces pauvres seiches écartelées, rien que d’y penser, ça me fait mal au cœur. Il en saucissonne une ou deux comme ça, et, devant ma face congestionnée, finit par perdre la face, et balance les bestioles tous azimuts. Après un vol plané pas franchement aérodynamique, elle atterrissent dans l’évier avec bruit mou (plurpff), marquant leur sillage d’une pathétique traînée caca d’oie.

 

J’hésite entre l’apoplexie et le fou rire. Pas facile, de garder sa dignité dans des moments pareils. Break. On boit un coup en s’affrontant du regard, Ennio Morricone serait pas du tout décalé, dans le contexte (c’est con qu’on ait pas un DJ pour nous suivre, ça rajouterait du piment). Ça finit qu’il nous reste 10 minutes avant que les autres tromblons se radinent, j’ouvre précipitamment le paquet de chips que j’ai acheté (tiens, quelqu’un a dû marcher dessus), et je me mets à débiter les seiches à toute berzingue pour les passer à la poêle façon express.  Yannis se marre : m’en fous, pourrait aussi bien pas exister, je suis en grande conversation avec le chat… Forcément, je tiens pas le coup longtemps: je me met à rigoler aussi en repensant aux seiches qui s’écrasent et puis bon… les autres sont arrivés : farcis, truffés, confits, au gratin, en soupe, ils aiment pas les calamars et ils ont rien bouffé…  Les cons…On les invitera plus…

 

……………………………………………………………………………………………………………………………………..

 

Yannis : « Bon, ça c’est la version MANGO, la grande journaliste d’investigations culinaires !! En fait, c’est moi qui ai décidé de la recette et vu qu’on a pas de petit pois, ben faut improviser. Vu que j’ai une collègue hyper sympa qui nous livre des œufs de la ferme (une vraie rareté ici, c’est tous des œufs élevés en batteries, enfin les poules, dans des cages conformes aux normes européennes de 750 cm²), et des légumes idoines, je décide de bosser un peu pendant que la belle est en train de tchatcher avec les poissons multicolores …

 

Quand elle revient, les yeux encore émerveillés par les énormes étoiles de mer qui ont fait le lit de notre plage (on nous avait dit que c’était signe de mauvais temps et quelques jours plus tard, il se met à flotter un demi-mètre par jour, saloperie d’étoiles !), je suis effectivement à fond sur ma julienne, hyper content de moi, ça va être hyper bon.

 

Bref, on s’est un peu énervés, car moi, quand je cuisine, faut pas me faire chier non plus. Et puis les seiches, si MANGO en avait déjà dépecé, elle saurait qu’il y a un os dedans (on appelle ça l’os de seiche vulgairement), contrairement au calamar qui lui a un squelette mou qui te permet de l’ouvrir sans faire d’entaille sur le côté. Bref, ça c’est pour les scientifiques…

 

Avec une bobine de fil ou un-cure dent bien planté où ça se plante, c’était réglé.

Après quelques seiches volantes dans la cuisine, lancées de mes mains potelées musclées par l’utilisation intensive de l’ordinateur (y vont m’en mettre un deuxième au boulot, parait que plus t’en as, plus tu bosses), j’ai jeté non plus les seiches, mais l’éponge et suis allé me servir un p’tit punch ! Faut pas déconner non plus !

 

Tout ça a fini en accras de légumes et seiches, très bons et on s’est bien marré en pensant à notre connerie respective. Bref, cuisiner à deux, c’est très romantique, mais seulement le premier mois de ta rencontre avec l’autre. Ensuite, faut désigner un chef qui décide (l’autre se pliant humblement aux désidératas de l’autre) sinon c’est l’engueulade et la frustration assurée.

 

Tout ça pour que les invités, ben les seiches, ils avaient pas l’air d’aimer ça plus que ça. Moi, je m’en suis mis plein la lampe. Pani Pwoblèm !

 

Hier on s’est fait un couscous avec légumes péyi. J’ai obéi à ma belle et me suis occupé d’éplucher les légumes, acheter du vin, du poulet congelé que c’est même pas marqué sur l’emballage d’où ça vient mais vu le prix, tu te doutes que c’est pas élevé en plein air de la MAYENNE, mettre la table, servir le punch, sortir les poubelles, virer Nounouche, un des nombreux chats qui squattent à longueur de journée chez nous miaulant à la mort pour quelques croquettes, os ou autre, et puis, c’était vachement bon, même si pour une fois, ce n’est pas moi qui ai cuisiné.

 

Allez, plein de bisous à vous et surtout, continuez de mijoter seuls ou à deux ».

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18-Apr-2011 - Mon premier article pour France Antilles


Extrait d'une interview exclusive avec moi-même, en direct live de l'Anse Mitan...
 
A Star is born
 
Son premier article, Un amour de marchande, a été publié dans France Antilles ce week-end. Depuis, c’est l’émeute sur le stand d’Annie[1] : les bananes voltigent jusqu’au trottoir d’en face, les ménagères en furie se jettent à bras raccourcis sur les mangues qui giclent et explosent sous l’assaut, on m’informe même de source sûre que deux touristes viennent d’être placés sous surveillance médicale,  après s’être sauvagement bastonnés à coups de noix de coco…
 
A l’origine du chaos, Mango, étoile montante du journalisme on the rocks. Redoutable alchimie de Jean-Pierre Pernaut et d’Arlette Chabot, Mango allie un style patelin, bucolique et proche du peuple, à un physique de battante et une indéfinissable prestance. Passionnée par l’actualité depuis la prime enfance et remarquablement en prise avec son temps, elle nous subjugue par son acuité, son infaillible à-propos et l’ébouriffante étendue de sa culture journalistique : politique, bourse, sport, climat, rien n’échappe à son mental aiguisé au sabre laser.
 
Sa force de travail hors-du-commun en fait une véritable machine de guerre : levée dès l’aube, elle prépare chaque matin, dévouée et débordante de sollicitude, un formidable petit-déjeuner à son homme avant d’enchaîner sur une analyse rigoureuse de la presse. Interrogée sur les quotidiens qu’elle affectionne, elle nous confie dévorer absolument tout sans préjugés, avouant cependant une préférence pour le Monde Diplomatique, Forbes Magazine, et les désopilantes rubriques fiscales du Figaro et du Point.
 
Ce n’est donc pas sans une certaine émotion teintée d’appréhension et de doute que nous abordons la jeune femme, qui, malgré sa notoriété, a su rester accessible, et nous attend nonchalamment sur la plage en se fumant une roulée, superbement intimidante dans son bikini rouge.
 
-          « Mango bonjour. On n’avait jamais entendu parler de vous jusqu’ici et on se demande bien où vous étiez planquée pendant tout ce temps. D’où venez-vous ? »
-          « Eh beeeh…  Je suis de Toulouseuh, où j’ai gran… »
-          « Toulouse ?!? Formidable ! La ville rose, haha ! Aaaaaah, savourer un bon cassoulet chez Tonton devant un match du Stade toulousain, swinguer jusqu’à l’aube en « tombant la chemise »… Serait-ce une légère crispation que je sens pointer chez l’auteur ? Je devine chez elle une blessure mal cicatrisée, nostalgie, mal du pays, affres de l’exil, et c’est un peu brusquement, perdant soudain toute trace d’accent toulousain, qu’elle me répond, pudique :
-          « Tout juste mon pote : pile poil paradis »
-          « Hum. Nous connaissons tous votre passion pour la presse mais vous témoignez par ailleurs d’une saisissante fibre littéraire. Quelles ont été vos premières lectures ? »
-          « Euh…les premières ? Attends voir… Un peu comme tout le monde, je crois… Oui-Oui, Toboggan, Fantomette, Chat Lune, La Petite Locomotive rouge… »
-          « Bien bien. Que nous vaut le plaisir de votre venue en Martinique ? »
-          « C’est mon copain qu’a été muté. »
-          « Ah…miracle de l’amour…Vous l’auriez suivi partout, j’imagine ? Sarthe, Bosnie Herzégovine, Mayenne, Afghanistan, Beauce, Corée du Nord… »
-          « Nan. Faut quand même pas déconner. Mais marque pas ça, l’ami : la magie ça reste magique seulement si on sait garder les secrets. Autre question ? »
-          « Quels sont vos projets pour la suite ? »
-          « Tu veux dire là tout de suite ? (Elle réfléchit, mégot entre les dents, et compte pensivement sur ses doigts). Ben : dégoter un four, vu que pour l’instant on a qu’un micro-ondes autant dire une grosse merde, faire réparer la bagnole, qu’est déjà pétée au bout d’un mois, quoi encore…m’acheter un nouveau maillot… l’eau de mer et les UV c’est terrible, ça te les plie en moins de deux…Tiens, d’ailleurs, rien à voir : tu saurais pas, toi, où je peux trouver une chouette moustiquaire ?!? Un truc à baldaquins, genre colonial belle époque, en voile de mousseline…Tonton Déco au Lamentin ? Parfait mec, t’assure à bloc… » (Et là, sans se formaliser une seconde de mon air vaguement ahuri, elle me tend son poing pour un check, qu’elle accompagne d’un pétillant clin d’œil.  Là-dessus elle enfile son sac et tourne les talons, me laissant planté là, vide, pantelant et désemparé, quand, mû par l’énergie du désespoir, j’ose une dernière question)  
-          « Qu’allez-vous faire, Mango, des émoluments de  votre premier article ? » (Elle se retourne, interloquée...)
-     « Oups, pardon man, je croyais que t’avais fini… Ben…je dois dire qu’au départ j’avais pensé à un tour du monde avec mon Jules, ou un gastro, au choix, fonction du budget… Après réflexion et tous calculs faits, y a pas non plus de quoi s’exciter, hein…Je garde ça au chaud dans ma tirelire, et dans dix articles, je nous paye deux planteurs… »


[1] La marchande - NDLR

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